Un sol jonché de vieux cartons qui ont absorbé tous les débordements
des travaux antérieurs. Peaux mortes et boursouflées, bariolées,
tannées aux pas des visiteurs. L'atelier de Jessica Vaturi se dérobe
d'emblée à tout cliché d'inspiration céleste. Cest de ce sol où les matériaux
s'oxydent, les moisissures fleurissent et les poussières se déposent qu'une
gestation des formes va s'accomplir. Travail de décomposition
et de maturation où la matière vit, respire, s'enrichit et prend forme.
Chacun est invité à « empreinter » cet humus riche de toutes
les métamorphoses à venir, à le marquer de son passage.

Jessica Vaturi dépose sur ce terreau fertile la toile de lin, brute.
Elle dessine au feutre bleu, indélébile, une forme : forme issue
de sa propre biographie par l'utilisation de photos, comme c'est le cas
pour la série Figure d'ancêtre, ou forme extraite de la planche
anatomique N 61 du IVe livre De humani corporis fabrica d'André Vésale
pour la série Corps ouvertes/corps recouvert d'après Vésale.
L'artiste repasse cette forme au doigt de caparol. Le bleu pénètre
et traverse la toile, inaugurant une face verso. D'un geste, elle verse
ensuite le long du tracé du gesso, un enduit acrylique noir, blanc.
Travail du geste et plasticité du matériau se lient au contour nouvellement
tracé. Le séchage durera trois Jours Temps de mort et de renaissance ?

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Catalogue : Being Time, Being Space
2002 - Galerie Avivson