L'image de soi contient la représentation du monde, laquelle comprend
également une représentation du corps. La représentation de soi contenue
dans le cortex, n'est pas une image proportionnellement fidèle à celle
que nous percevons visuellement, « elle possède d'énormes lèvres,
une main immense, des pieds moins importants, un tronc et un sexe
ridiculement petits ». La surface du cortex occupée par la représentation
d'un organe est proportionnelle a son importance dans la vie sensorielle
de l'individu. L'image de l'espace suivrait-elle la même règle ?
On sait surtout « la capacité du corps humain à se représenter l’espace
mentalement, à partir du vécu de sa chair », le monde s’inscrit dans
la chair, où que nous soyons, le monde, notre monde, est en nous,
« en réalité, le monde du sujet est indissociable du tact ».

Nous sommes des systèmes vivants en symbiose avec l’écosystème
dont nous faisons partie. La culture qui caractérise une société donnée,
constitue également cet écosystème. Or, celui-ci est « co-organisateur
et co-programmateur du système vivant qui s’y trouve intégré »,
l’individualité humaine en est le produit dans ce gigantesque enroulement,
à la façon d’un ruban de Möbius, du monde de chair et de la chair
du monde dont les autoportraits de Jessica Vaturi nous donnent une image
aussi symbolique que singulière.
 
05 / 05

ouvrir couvrir
(extrait)


éditions Verdier
- 2004
www.editions-verdier.fr