Paradoxalement, ce fou ressemble au sage tel que Charles de Bovelles
le décrivait : « L'Homme sage est celui qui, en toute vérité, est célébré sous
le nom de microcosme, de petit monde, fils du macrocosme, c'est-à dire
de l'Univers [...] Et certes, ne conviendrait-il pas d'appeler le Sage
non seulement microcosme mais même autre macrocosme, dans la mesure
où [...] la pensée du Sage est si vaste qu'elle est capable d'accueillir
le monde entier, que sa Mémoire est ornée et remplie d'autant de notions
des choses que nous apercevons de substances dans le monde ».
Se connaître, c'est connaître le monde et Ambroise Paré se moquait
de ceux qui s'enquéraient du nombre d'étoiles, des nouvelles des Indes,
sans se prendre avant tout eux-mêmes pour objet de connaissance,
à commencer par leur corps.

Exploitant l'analogie entre microcosme et macrocosme, Jessica Vaturi
interroge la relation entre soi et le monde, l'inscription du corps dans
l'espace et l'inscription corporelle de l'espace, comme avec l'installation
vidéo In vivo, artères urbaines où les images (filmées en caméra objective)
de la circulation du métro dans les réseaux souterrains, sont mises en
relation avec les vues d’une caméra endoscopique fouillant l’intérieur
du corps.
 
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(extrait)


éditions Verdier

- 2004
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