Puis, son cutter les fend, les ouvre, comme les chirurgiens,
et les anatomistes manient le scapel, précis, net, réfléchi
.… Vaturi révèle l’intérieur, les viscères, l’intime, le dedans, le centre,
l’étrange âme physique, le mélange du spirituel et du matériel.
Par ses oeuvres, Vaturi donne à voir, avec pudeur et avec exacerbation,
son autobiographie et l’anatomie, une corporalité mentale.
Les traversées, les empreintes, les strates, les envers, les coulures
se multiplient, s’accumulent, dialoguent. De plusieurs manières,
les peaux, les épidermes, les surfaces se touchent.
La colle Totin (colle de peaux de lapins) pénètre et métamorphose
les couches, les sillons, les volumes, certaines couleurs cachées,
puis resurgies. La peinture peut devenir un bas-relief presque achrome.

… Selon Vésale, Vaturi peint le Corps ouvert / recouvert d’une femme.
Le corps ouvert se découvre et est recouvert de peinture.

Vésale, Vaturi, l’écrivain Georges Didi-Huberman
(Ouvrir Vénus, Gallimard, 1999) mettent en lumière Vénus ouverte,
anatomisée et la féminité dévoilée. 
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Catalogue : Being Time, Being Space
2002 - Galerie Avivson