L’envers des choses, l’envers des êtres,
c’est ce que je vois que montre Jessica Vaturi.

Une forme d’invisible qu’elle rend visible et que j’appellerais du défiguratif.
Une tension entre représentation et disparition.
Comme un souvenir qui serait un oubli.

Et ces apparitions à la fois matérielles et immatérielles prennent
une réalité. Des bourrelets, des reliefs jouent avec la lumière.
Il y a des portraits qui n’en sont plus. Les bleus de l’âme
ont traversé la peau. Des boursouflures entre animal et végétal,
comme si on voyait l’intérieur des êtres.

Ainsi cette peinture saisit la toile par des nervures, toute une physiologie
fantastique. Des traversées se superposent. Cette « technique des envers »,
c’est une expression de Jessica Vaturi, travaille à rendre la forme humaine
à la fois méconnaissable et reconnaissable. Elle évoque pour moi
le travail du poème, qui rend l’intime extérieur, l’intérieur rendu extérieur.
Et il y a une surface, mais en même temps une traversée de la surface.
Comme une sculpture de la toile.


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Catalogue : Being Time, Being Space
2002 - Galerie Avivson