C’est cette impression de force et de densité que nous ressentons 
et qui parle dans le dispositif mis en scène par Vaturi. Ces corps ouverts, 
écorchés, parlent. Ils racontent l’implication du peintre, la mise en espace 
de son corps et de celui des autres (dans « Being Space ») qui tournoient 
et évoluent dans son espace, marquant ainsi sa biographie. 

Ce sont des corps de femmes. D’où sortent ces lignes, ces traits, ces nerfs, 
ces vaisseaux, ces fibres colorées: cette circulation sanguine intérieure
qui perce le tableau ? Ce croisement entre l’intérieur et l’extérieur du corps
interroge le regard du spectateur, l’implique dans la pensée du sujet.

Une circulation se réalise entre « l’ombre des vaisseaux » et les bruits
impénétrables des cellules, du sang qui bruit.

Ces nervures, ce fourmillement est révélé par Vésale.
Sa Fabrique est intarissable. Il dit, par exemple, que c’est « la succession
des nerfs, qui transportent aux muscles l’esprit animal, mais aussi celle de
tous les organes de cette espèce. » Les modernes (peintres et scientifiques)
ont repris ses nombreuses perceptions. 

Vaturi dit: « Je cherche ce qui traverse et perce sous la toile. » 

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Catalogue : Being Time, Being Space
2002 - Galerie Avivson