la carpe dans la baignoire > Jessica Vaturi-Dembo
Il s’agira, dans « La carpe », de s’amuser avec estime et compassion : les
juifs ashkénazes ont développé, au fil des tragédies, l’art de l’autodérision.

Si les dialogues lorgnent du côté de Woody Allen, si Eugène, l’invité
américano-russe de mère irlandaise (venu en France écrire une comédie
musicale) ose des clins d’oeil à Fred Astaire avant de s’emballer dans un
solo fou, si les figures de Bor et de Bro (anges ou fantômes liant le passé
au futur) concluent dans un ballet aquatique digne d’Esther William, si
enfin l’amour se veut si tendre qu’il paraît naïf et donne des ailes,
il n’empêche que le film sera traversé par une des interrogations de l’art
contemporain, la question de la perception.

Comment faire co-exister à l’image, passé, présent, futur ?
Des visibles et des invisibles ? Que seront les subjectifs visuels et auditifs
d’une carpe dans sa baignoire ? d’un fantôme famélique et minuscule ?
d’un amoureux éperdu en plein vol ? d’une fillette fantasque ? de faux
jumeaux en cours de réincarnation ? Comment filmer, au coeur d’une
narration, un geste rituel ? Comment montrer qu’un jour élu « plus
spirituel » que les autres, diffère, effectivement, des jours ordinaires ?
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scénario : Richard Dembo, réalisation : Jessica Vaturi-Dembo
producteur : Vito Films, projet